Site internet en abonnement ou acheté : lequel choisir, et à quoi faire attention ?
Un site « à partir de quelques dizaines d'euros par mois » paraît toujours moins cher qu'un site vendu d'un bloc. Il l'est rarement sur la durée. Voici comment comparer les deux, les clauses qui changent tout, et ce que la loi prévoit quand on a signé trop vite.
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En bref
- Un abonnement n'est pas un achat étalé : dans beaucoup de contrats, le site reste la propriété du prestataire et disparaît le jour où vous cessez de payer.
- Pour comparer deux offres, additionnez tout ce que vous paierez pendant la durée d'engagement, puis demandez ce que le site vous coûtera chaque année ensuite.
- Trois clauses décident de tout : la durée d'engagement, la propriété du site et du nom de domaine à la fin, et le prix d'une sortie anticipée.
- Une entreprise de cinq salariés au plus, démarchée dans ses locaux pour un contrat étranger à son activité principale, dispose de quatorze jours pour se rétracter.
Quelle différence entre louer un site et l'acheter ?
Dans un contrat de location, vous payez un droit d'usage. Le prestataire héberge le site, l'entretient, et en reste propriétaire. Vous n'avez rien à la fin, sinon le droit de continuer à payer. Certains contrats sont cédés à une société de financement dès la signature : votre interlocuteur n'est alors plus celui qui a fait le site, et les mensualités restent dues même si le service se dégrade.
Dans un achat, vous payez la création, en une ou plusieurs fois, et le site vous appartient à la fin du paiement. Restent des frais récurrents, que vous choisissez : hébergement, nom de domaine, maintenance.
Entre les deux existe une troisième voie, le paiement étalé qui mène à la propriété : des mensualités pendant une durée fixée, puis le site est à vous. C'est un achat à tempérament, pas une location. Le mot « abonnement » recouvre les trois, d'où l'intérêt de lire le contrat plutôt que la plaquette.
Combien coûte vraiment un site en abonnement ?
Le calcul tient en une ligne : mensualité multipliée par la durée d'engagement, plus les frais de mise en service. Une petite mensualité sur quatre ans dépasse souvent le prix d'un site acheté, maintenance comprise. Rien de choquant si le service suit. Encore faut-il le savoir avant de signer.
Faites ensuite le second calcul, celui qu'on oublie : que payez-vous à partir du lendemain de l'engagement ? Si la mensualité continue à l'identique pour un site déjà amorti, vous louez indéfiniment. Si elle baisse au niveau d'une simple maintenance, ou si vous pouvez partir avec votre site, le contrat est équilibré.
À titre d'exemple, notre formule mensuelle dure 12 mois : 159 € HT / mois, puis le site et son code sont à vous. Soit 2 408 € HT la première année, puis 89 € HT / mois, sans engagement. Le même site se règle aussi en une fois : 1 990 € HT.
Quelles clauses lire avant de signer ?
Un contrat de site se juge sur ce qui se passe quand tout ne va pas comme prévu. Cherchez ces points, et demandez-les par écrit s'ils manquent.
- La durée d'engagement, et si elle se renouvelle d'elle-même
- À qui appartient le site à la fin : le fichier, le code, les textes, les photographies
- Au nom de qui le nom de domaine est enregistré
- Le prix d'une sortie avant terme : rien, un forfait, ou toutes les mensualités restantes
- Ce que comprend la mensualité : hébergement, corrections, nombre de modifications
- Si le contrat peut être cédé à un organisme de financement
- Ce que vous emportez si vous partez, et sous quel délai
Peut-on se rétracter après avoir signé ?
Entre professionnels, il n'existe pas de droit général de rétractation : un contrat signé engage. La loi prévoit une exception pour les plus petites entreprises. Si vous employez cinq salariés au plus, que le contrat a été conclu hors de l'établissement du vendeur, par exemple lors d'un démarchage dans vos locaux, et que son objet n'entre pas dans votre activité principale, vous disposez de quatorze jours pour vous rétracter, sans avoir à vous justifier.
Un site internet n'entre pas dans l'activité principale d'un plombier ou d'un restaurateur : la protection joue le plus souvent. Le vendeur doit vous remettre un formulaire de rétractation. S'il ne l'a pas fait, le délai est prolongé. Envoyez votre rétractation par lettre recommandée avec accusé de réception, et gardez-en la preuve.
Passé ce délai, il reste la négociation, la médiation, ou l'avis d'un avocat sur la validité du contrat. Mieux vaut ne pas en arriver là : ne signez jamais le jour même d'une démonstration.
Dans quel cas l'abonnement est-il le bon choix ?
Quand vous préférez ménager votre trésorerie, quand vous voulez un interlocuteur qui s'occupe de tout, et quand le contrat est clair sur la fin. Un abonnement honnête a une durée raisonnable, un prix total que vous pouvez calculer, et une issue : au terme, soit le site est à vous, soit vous savez exactement ce que vous emportez.
Le paiement en une fois convient à qui a la somme disponible et veut être propriétaire tout de suite. Il coûte moins cher au total, mais suppose de régler la question de la maintenance : un site laissé sans mises à jour pendant trois ans finit par poser un problème de sécurité.
Comment sortir d'un contrat qui ne vous convient plus ?
Relisez d'abord la clause de résiliation et la date d'échéance : beaucoup de contrats se reconduisent si vous ne les dénoncez pas avant un préavis. Notez cette date. Récupérez ensuite ce qui est à vous : vos textes, vos photographies, et surtout le nom de domaine, que vous devez pouvoir transférer s'il est à votre nom.
Si le nom de domaine est au nom du prestataire, demandez par écrit son transfert à votre nom avant toute résiliation. C'est le point sur lequel il faut insister : on refait un site en quelques semaines, on ne refait pas une adresse connue de ses clients et de Google.